T'es sûr de rien ici
L'oubli guette les mecs à chaque coin de rue
A l'affût, prêt à bondir sur l'individu
Un mec s'endort sur le trottoir
Des mots résonnent dans sa mémoire
Faim, froid, besoin d'espoir
Mais c'est trop tard, les gens ne sortent plus le soir
Trop peur qu'un jeune loup les frappe dans le noir
Alors ils vivent dans un isoloir
Arrimés à la télé, y'a pas de temps à gaspiller
A saluer le voisin de palier, après, ça va critiquer
Ils parlent de délinquance
Je parle de pauvres mecs perdus
Pour qui de toute chose l'opulence est l'essence
Un tuyau, une bonne cage thoracique
Quelques litres, on joue à l'homme qui tombe à pic
Pour briser le cycle
Les cascades sont pas doublées
Dérapages incontrôlés
Dur d'effacer les fautes passées
Les ressasser, c'est insensé
Mais c'est le seul moyen d'exister
Une ligne, un tracé
Qui dit que tu vis, on ne sais jamais
T'es sûr de rien ici
T'es sûr de rien là où je vis
Ce que nous vivons, c'est pas une vie
Ici ou ailleurs, y'a pas de saisons
La guigne suit nos talons
Rien n'est prévisible sous les néons
Pour pas finir marron, combien jouent les nuisibles
Certains trouvent, certains cherchent
Ceux-là chercheront toujours
Si personne ne leur tend la perche
C'est perdu d'avance
On persévère avec un père sévère
On s'en sort parfois sinon les chimères hantent les esprits
Quand ils sont clairs, c'est la guerre
Dans les maisons, rien ne va plus
Mais y'a que là qu'on se sent concret
Aimé à jamais malgré les méfaits
Heureux on se parle pour se faire rassurer
Une mère, c'est une mère
Tu le sais, et c'est tant mieux
La spiritualité manque, le vital pèse
Avoir un toit, un chez-soi
L'abstraction du moi, c'est dur
A la fin du mois, l'exemple est partout
Du coup, on met tous les atouts
Et malgré ça, pas moyen de mettre la poisse à genoux
Laisser la trace d'un passage éphémère
Dire qu'on a vécu
Ne pas finir comme une chanson qui meurt
Parce qu'on ne la chante plus
C'est le Graal que chacun poursuit
Sans répit, souvent pendant plus d'une vie
Mais bon, t'es sûr de rien ici
T'es sûr de rien là où je vis
Ce que nous vivons, c'est pas une vie
Ici ou ailleurs, y'a pas de saisons
La guigne suit nos talons
L'incertitude déballe son inquiétude
Son lot de solitude
La paranoïa dans toute sa plénitude
Bientôt une balle jaillira d'un tube
Aussi sûrement qu'une étoile
Une âme peut s'arrêter de briller
En plein milieu d'un passage clouté, accepter
Ce fait pousse les mecs à risquer le tout pour le tout
A rendre coup pour coup
Au sol ne pas poser le genou
Confiance avare, le sourire s'égare par peur
Le manque de "Je t'aime" donne la rage au coeur
En sueur, voyant la fin, les pleurs
Devant un faible pourcentage de bonheur
Les gosses deviennent des terreurs, dealers
On peut pas dire ce qu'on a jamais entendu
Alors, on grandit seul, on vieillit seul, on meurt seul
Tout ça sans avoir vécu
Planté devant le miroir
Le temps qui passe laisse des marques sur le visage
Vite, faut laisser la trace d'un passage
Quelqu'un verra un nom gravé sur un banc public
A moins que tout ne soit qu'un rêve
T'es sûr de rien ici
T'es sûr de rien là où je vis
Ce que nous vivons, c'est pas une vie
Ici ou ailleurs, y'a pas de saisons
La guigne suit nos talons
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Liberté pour tous, paroles en l'air
Criées bien haut, fumigènes
Poudre aux yeux, qui deviennent gaz lacrymaux
Au pays de la libre opinion
Certains ont des propos
Qui lèvent ce droit à la moitié de la population
Rues pas sûres pour un Noir
Tard le soir, délits de sales gueules
Contrôles, fouilles, nuits au placard
La liberté de l'autre est bien trop grande
La mienne disparaît, les pointes fusent
Mais il m'est juste permis de la fermer
Croupissante au fond d'un vieux grenier
Gardée par deux pépés
Costumes gris, attachés-cases
Sourires de nouveaux nés
Ecouteurs branchés dams les oreilles
Rien ne leur échappe
Divinité omniprésente
Finie la vie privée
On m'a dit qu'elle est là
Je ne l'ai pas vue passer
Trop rapide, elle s'est barrée
Et là, je peux plus la rattraper
La liberté était là il y a pas longtemps
L'égalité l'a prise par la main
Elles sont parties avec le vent
Tu peux toujours rêver mon enfant
Et croire au Père Noël
Pour la fraternité, j'espère que tu as le temps
Toujours le mec pas clair qu'on fouille
Le petit qui dérouille, qu'on verrouille
Justice à deux vitesses
Le glaive est rouillé,
On ne s'habille pas pareil, tu vois
Seulement, l'habit fait le moine
Tant pis pour moi, j'ai fait mon choix
Les préjugés traquent, la batte frappe
Obligé de zigzaguer pour une zigzague roulée
On prend plus que pour vol
Qualifié de forfait des ronds sur le dos du faible
Qui fuse la décadence, image de déchéance
Démence devient indécence
On use à outrance de violence
J'en perd mes sens et pense à l'urgence
Les cons s'en gavent la panse
Stopper l'émergence
Fraternité se livrant au fratricide
Partis politiques
Dogmes liberticides
Montée en flèche, taux de suicide
Epuisés, les mecs stoppent leurs quêtes
Abattus, ils trouvent le réconfort
Dans la douceur d'une balle dans la tête
Du plus friqué au plus fauché
Y'a pas un fossé
Pour un Pascal froissé, fils à
On fait crier l'acier, spécial SDF
Pour Noël, la conscience s'éveille
Et entre deux moins de décembre, elle crève
Les peuples tombent, ça tire dans tous les sens
Je te jure, ici, pour des baskets
Tu perds l'usage de tes jambes
Sans-papiers virés à coups de pieds
Du temple de la charité
Comme des stars de la criminalité
Les personnalités mangent
Laissent les miettes et prennent l'argent
Pour un élixir d'immortalité
Pour survivre à l'humanité
Aveuglés par la finalité
On perd la vitalité
La volonté vacille, victoire de l'agressivité
Elle était là, du moins je croyais, c'était pas vrai
Elle s'est barrée, on m'a blousé
Et là, je peux plus la rattraper
La liberté était là il y a pas longtemps
L'égalité l'a prise par la main
Elles sont parties avec le vent
Tu peux toujours rêver mon enfant
Et croire au Père Noël
Pour la fraternité, j'espère que tu as le temps